28 mar 2010

Conseils pour voyager serein en Ethiopie

Posted by admin

En vadrouille en Éthiopie

« J’ai fait deux voyages en Éthiopie. J’y suis allĂ© loin de toutes structures de voyage organisĂ©. Il est tout Ă  fait possible de s’y rendre en solo. Je l’ai fait lors de ma seconde escapade lĂ  bas.

Ca ne prĂ©sente aucun danger supplĂ©mentaire si ce n’est dans certains coins comme les environs de Dire Dawa, et j’imagine dorĂ©navant dans le nord du pays, près de la frontière. Il vaut mieux ne pas y rester trop longtemps, ne pas attirer l’attention sur soi et vite passer son chemin. Cette insĂ©curitĂ© est due aux revendications du droit Ă  plus d’autonomie de certains peuples d’Ethiopie (comme le Front de LibĂ©ration Oromo) souvent soutenues par les pays avoisinants (Somalie, Soudan, ErythrĂ©e). Peu avant mon passage Ă  Dire Dawa, un français y avait Ă©tĂ© assassinĂ©. De plus, Ă©viter les hĂ´tels ‘plus europĂ©ens’, comme les Ras hĂ´tels. D’une part parce qu’ils sont plus chers. D’autre part, ce sont des hĂ´tels d’Ă©tat, qui sont donc plus facilement des cibles pour les attentats. Pas de quoi paniquer mais il vaut mieux le savoir avant de partir.

Les transports

Le bus est le moyen de transport Ă  privilĂ©gier car il permet de voyager au contact avec la population. Le bus est de plus bien moins cher que le 4×4 de location. L’inconvĂ©nient c’est qu’on ne peut pas admirer le paysage Ă  sa guise. Ce qu’il faut faire, c’est prendre les gros bus Mercedes qui font les liaisons ville Ă  ville; et une fois arrivĂ© dans une ville, il ne faut pas hĂ©siter Ă  reprendre les petits bus Toyota cette fois, voire les « gari-gari » (voitures deux-trois places tirĂ©es par un cheval). Pour une somme modique, on peut parcourir les alentours proches. Pour la photo, le gari-gari, c’est le top. On s’arrĂŞte oĂą on veut…

Communiquer

Les Éthiopiens parlent anglais (80% environ dans les villes, beaucoup moins en brousse). Il est facile de se faire comprendre en utilisant un anglais basique. Il est toujours possible de trouver quelqu’un pour traduire ses propos, dans le cas oĂą on essaie de parler Ă  une personne non anglophone.

Les coins Ă  ne pas manquer

Je ne suis pas descendu dans l’extrĂŞme Sud de l’Ethiopie. Le plus bas oĂą je sois allĂ©, c’est la rĂ©serve naturelle autour des lacs Abaya et Shamo. Dans le sud, je suis toujours restĂ© dans l’axe de la Rift Valley. Pour des raisons de commoditĂ©s de voyages dues aux grands axes, liĂ©es Ă  des contraintes de temps. En effet, si le bus permet de faire de longs trajets Ă  moindre coĂ»t, il est très fatigant et assez coĂ»teux en temps par rapport au vol intĂ©rieur en avion par exemple.

Le trajet que je peux conseiller, c’est une boucle d’une semaine dans le nord du pays, en se dĂ©plaçant en avion (dĂ©part d’Addis et retour Ă  Addis). En passant par :

* Bahar Dar : les chutes du Nil Bleu, les îles-monastères,
* Lalibela : les Ă©glises monolithiques (classĂ©es patrimoine mondial par l’UNESCO),
* Axum,
* Gondar.

A Addis, il ne faut pas manquer le Mercato, le plus grand marchĂ© d’Afrique (attention aux voleurs Ă  la tire).

Un autre trajet intĂ©ressant part en bus d’Addis vers le sud (je cite dans le dĂ©sordre les villes Ă  voir) :

* Sodere : ville thermal avec des sources d’eau chaude,
* Wondo Galnet (le ‘petit paradis’) : une plaine très luxuriante avec des bananeraies, des fleurs, des fruits, du khât,
* le village rasta de Shashemene,
* la ville oĂą il y a des cratères remplis d’eau (son nom m’Ă©chappe),
* Harar (classĂ© patrimoine de l’UNESCO) : la vieille ville est superbe pour les photos noir et blanc, avec des murs blancs passĂ©s Ă  la chaux,
* les rĂ©serves naturelles (comme celle d’Awash ou celle d’Abaya et Shamo) : il est possible de prendre un taxi depuis les villes environnantes et partir en brousse sur les chemins des parcs, Ă  l’affĂ»t des singes, des hippopotames, des antilopes, des crocodiles

Le train Addis – Dire Dawa – Djibouti fait le trajet en deux jours. Les vitres ne permettent pas de voir le paysage convenablement. J’ai essayĂ© de faire des photos depuis l’entrepont entre deux wagons mais malgrĂ© la vitesse faible du train il y a trop de secousses. Je n’ai pas eu l’autorisation de monter sur le toit mais des copains qui avaient pu le faire lors d’un prĂ©cĂ©dent voyage m’ont dis que ça valait le coups.

En conclusion, je pourrais dire que les Ethiopiens sont d’un abord très facile et que dans le bus ou les cours intĂ©rieures des hĂ´tels, les rencontres ne manquent pas. Il ne faut pas hĂ©siter Ă  modifier son itinĂ©raire au fil des rencontres. J’ai eu la chance par exemple de pouvoir visiter une ferme d’Ă©tat qui produit du tabac, une Sugar Cane Factory, une fabrique de bière Ă©thiopienne…

Quand y aller ?

En ce qui concerne la saison, il vaut mieux Ă©viter d’y aller l’Ă©tĂ©. C’est la saison des pluies. L’idĂ©al, c’est en octobre (c’est plus fleuri) ou en janvier pour les fĂŞtes du Timkat. J’ai eu la chance de faire deux voyages en janvier. La première fois j’Ă©tais Ă  Addis pour Timkat : j’ai vu les processions aller d’Ă©glises en Ă©glises. C’Ă©tait superbe. La deuxième fois, j’Ă©tais Ă  Bahar Dar. Je suis allĂ© dans une Ă©glise au bord du lac le soir du Timkat. J’ai vu une cĂ©rĂ©monie qui dure toute la nuit, pendant laquelle tous sont habillĂ©s en blancs, oĂą les choeurs reprenaient les chants orthodoxes traditionnels. Au dĂ©but, les gens semblaient prostrĂ©s. Les chanteurs s’animaient en mĂŞme temps que le rythme s’accĂ©lĂ©rait. Au bout de vingt minutes, le chant recommençait, Ă  nouveau calme et lent… Ce fut une soirĂ©e très intense. C’est la seule fois oĂą je n’ai pas pu prendre de photos en Éthiopie. Pas pu parce que je n’ai pas voulu jouer les voyeurs. Ce soir lĂ , j’Ă©tais dans cette Ă©glise, acceptĂ© tel que j’Ă©tais. Je n’avais pas l’impression d’ĂŞtre un touriste. Je n’ai pas voulu gâchĂ© cet instant. J’aurais pu y prendre de superbes photos mais elles n’auraient pas pu rendre ce que je ressentais.

Photographies

Les photos sont faciles à prendre en Ethiopie. Il faut éviter de photographier les édifices militaires, de la police sous peine de confiscation de la pellicule.

Les enfants sont près Ă  poser moyennant des bonbons, des cartes postales ou des stylos (les bonbons, il vaut mieux Ă©viter pour leur santĂ© dentaire). Le plus dur, c’est de prendre la photo sans que la personne ne pause ! L’idĂ©al, ce sont les portrait fait dans la foule, avec un bon zoom 300mm. Vu la luminositĂ©, ce n’est pas pĂ©nalisant du tout. C’est la meilleure façon de faire des portraits authentiques.

Les paysages sont fabuleux, avec une diversitĂ© entre les hauts-plateaux du nord (superbes vus d’avions) et la brousse de plaine du sud; entre les oueds, les chutes et les lacs. Les Ă©glises peintes ou monolithiques ont Ă©galement beaucoup de charme.

Un dernier conseil pour les photos de paysages : se munir d’un filtre UV. L’intensitĂ© lumineuse est sans commune mesure avec ce qu’on peut connaĂ®tre sous les latitudes europĂ©ennes. »

Source: Olivier Cuenot – Licence: Creative Commons

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