Conseils pour voyager serein en Ethiopie

En vadrouille en Éthiopie

« J’ai fait deux voyages en Éthiopie. J’y suis allé loin de toutes structures de voyage organisé. Il est tout à fait possible de s’y rendre en solo. Je l’ai fait lors de ma seconde escapade là bas.

Ca ne présente aucun danger supplémentaire si ce n’est dans certains coins comme les environs de Dire Dawa, et j’imagine dorénavant dans le nord du pays, près de la frontière. Il vaut mieux ne pas y rester trop longtemps, ne pas attirer l’attention sur soi et vite passer son chemin. Cette insécurité est due aux revendications du droit à plus d’autonomie de certains peuples d’Ethiopie (comme le Front de Libération Oromo) souvent soutenues par les pays avoisinants (Somalie, Soudan, Erythrée). Peu avant mon passage à Dire Dawa, un français y avait été assassiné. De plus, éviter les hôtels ‘plus européens’, comme les Ras hôtels. D’une part parce qu’ils sont plus chers. D’autre part, ce sont des hôtels d’état, qui sont donc plus facilement des cibles pour les attentats. Pas de quoi paniquer mais il vaut mieux le savoir avant de partir.

Les transports

Le bus est le moyen de transport à privilégier car il permet de voyager au contact avec la population. Le bus est de plus bien moins cher que le 4×4 de location. L’inconvénient c’est qu’on ne peut pas admirer le paysage à sa guise. Ce qu’il faut faire, c’est prendre les gros bus Mercedes qui font les liaisons ville à ville; et une fois arrivé dans une ville, il ne faut pas hésiter à reprendre les petits bus Toyota cette fois, voire les « gari-gari » (voitures deux-trois places tirées par un cheval). Pour une somme modique, on peut parcourir les alentours proches. Pour la photo, le gari-gari, c’est le top. On s’arrête où on veut…

Communiquer

Les Éthiopiens parlent anglais (80% environ dans les villes, beaucoup moins en brousse). Il est facile de se faire comprendre en utilisant un anglais basique. Il est toujours possible de trouver quelqu’un pour traduire ses propos, dans le cas où on essaie de parler à une personne non anglophone.

Les coins à ne pas manquer

Je ne suis pas descendu dans l’extrême Sud de l’Ethiopie. Le plus bas où je sois allé, c’est la réserve naturelle autour des lacs Abaya et Shamo. Dans le sud, je suis toujours resté dans l’axe de la Rift Valley. Pour des raisons de commodités de voyages dues aux grands axes, liées à des contraintes de temps. En effet, si le bus permet de faire de longs trajets à moindre coût, il est très fatigant et assez coûteux en temps par rapport au vol intérieur en avion par exemple.

Le trajet que je peux conseiller, c’est une boucle d’une semaine dans le nord du pays, en se déplaçant en avion (départ d’Addis et retour à Addis). En passant par :

* Bahar Dar : les chutes du Nil Bleu, les îles-monastères,
* Lalibela : les églises monolithiques (classées patrimoine mondial par l’UNESCO),
* Axum,
* Gondar.

A Addis, il ne faut pas manquer le Mercato, le plus grand marché d’Afrique (attention aux voleurs à la tire).

Un autre trajet intéressant part en bus d’Addis vers le sud (je cite dans le désordre les villes à voir) :

* Sodere : ville thermal avec des sources d’eau chaude,
* Wondo Galnet (le ‘petit paradis’) : une plaine très luxuriante avec des bananeraies, des fleurs, des fruits, du khât,
* le village rasta de Shashemene,
* la ville où il y a des cratères remplis d’eau (son nom m’échappe),
* Harar (classé patrimoine de l’UNESCO) : la vieille ville est superbe pour les photos noir et blanc, avec des murs blancs passés à la chaux,
* les réserves naturelles (comme celle d’Awash ou celle d’Abaya et Shamo) : il est possible de prendre un taxi depuis les villes environnantes et partir en brousse sur les chemins des parcs, à l’affût des singes, des hippopotames, des antilopes, des crocodiles

Le train Addis – Dire Dawa – Djibouti fait le trajet en deux jours. Les vitres ne permettent pas de voir le paysage convenablement. J’ai essayé de faire des photos depuis l’entrepont entre deux wagons mais malgré la vitesse faible du train il y a trop de secousses. Je n’ai pas eu l’autorisation de monter sur le toit mais des copains qui avaient pu le faire lors d’un précédent voyage m’ont dis que ça valait le coups.

En conclusion, je pourrais dire que les Ethiopiens sont d’un abord très facile et que dans le bus ou les cours intérieures des hôtels, les rencontres ne manquent pas. Il ne faut pas hésiter à modifier son itinéraire au fil des rencontres. J’ai eu la chance par exemple de pouvoir visiter une ferme d’état qui produit du tabac, une Sugar Cane Factory, une fabrique de bière éthiopienne…

Quand y aller ?

En ce qui concerne la saison, il vaut mieux éviter d’y aller l’été. C’est la saison des pluies. L’idéal, c’est en octobre (c’est plus fleuri) ou en janvier pour les fêtes du Timkat. J’ai eu la chance de faire deux voyages en janvier. La première fois j’étais à Addis pour Timkat : j’ai vu les processions aller d’églises en églises. C’était superbe. La deuxième fois, j’étais à Bahar Dar. Je suis allé dans une église au bord du lac le soir du Timkat. J’ai vu une cérémonie qui dure toute la nuit, pendant laquelle tous sont habillés en blancs, où les choeurs reprenaient les chants orthodoxes traditionnels. Au début, les gens semblaient prostrés. Les chanteurs s’animaient en même temps que le rythme s’accélérait. Au bout de vingt minutes, le chant recommençait, à nouveau calme et lent… Ce fut une soirée très intense. C’est la seule fois où je n’ai pas pu prendre de photos en Éthiopie. Pas pu parce que je n’ai pas voulu jouer les voyeurs. Ce soir là, j’étais dans cette église, accepté tel que j’étais. Je n’avais pas l’impression d’être un touriste. Je n’ai pas voulu gâché cet instant. J’aurais pu y prendre de superbes photos mais elles n’auraient pas pu rendre ce que je ressentais.

Photographies

Les photos sont faciles à prendre en Ethiopie. Il faut éviter de photographier les édifices militaires, de la police sous peine de confiscation de la pellicule.

Les enfants sont près à poser moyennant des bonbons, des cartes postales ou des stylos (les bonbons, il vaut mieux éviter pour leur santé dentaire). Le plus dur, c’est de prendre la photo sans que la personne ne pause ! L’idéal, ce sont les portrait fait dans la foule, avec un bon zoom 300mm. Vu la luminosité, ce n’est pas pénalisant du tout. C’est la meilleure façon de faire des portraits authentiques.

Les paysages sont fabuleux, avec une diversité entre les hauts-plateaux du nord (superbes vus d’avions) et la brousse de plaine du sud; entre les oueds, les chutes et les lacs. Les églises peintes ou monolithiques ont également beaucoup de charme.

Un dernier conseil pour les photos de paysages : se munir d’un filtre UV. L’intensité lumineuse est sans commune mesure avec ce qu’on peut connaître sous les latitudes européennes. »

Source: Olivier Cuenot – Licence: Creative Commons

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